Le paradigme des HPI (hauts potentiels intellectuels). Surdoués, zèbres, hpi,….késako ?


Le paradigme des HPI (hauts potentiels intellectuels).

Surdoués, zèbres, hpi,….késako ?

 

  • Surdoué au sens des échelles du QI.

Si le mot surdoué nous vient des Etats- Unis : (« gift »=don, »gifted=doué, »highlygifted »=surdoué, »giftedness=douance, surdouance) la définition que nous trouvons dans le dictionnaire est très réductrice :

Surdoué : se dit d’un enfant dont l’intelligence est supérieure à celle des enfants du même âge (Larousse). Qui est d’un niveau mental très supérieur à la moyenne - QI supérieur à 170 - (Robert).

Un malentendu règne dans la population en général sur ce qu’est réellement un surdoué : beaucoup pensent un petit génie, fort en tout, mais surtout matheux, attiré par les sciences et affublé de grosses lunettes !

La réalité est bien différente.

Les psychologues désignent les surdoués comme étant des personnes représentant 2% de la population, soit environ 1 million de personnes en France et qui ont un score de 130 et plus au test du QI. Test validé uniquement par un psychologue clinicien.

QI signifiant Quotient Intellectuel et se mesurant à l’aide de divers tests qui vont permettre d’évaluer les capacités intellectuelles globales d’une personne et son aptitude à s’adapter à des situations et à des difficultés. Le score global de QI est obtenu à partir de la combinaison de 4 indices : compréhension verbale, organisation perceptive, mémoire de travail et vitesse de traitement. Ceux-ci sont regroupés en 2 indices généraux : le QI verbal et le QI performance. L'indice dit verbal comprend la mesure de savoirs et savoir-faire, et l'indice dit de performance comprend les aspects relatifs aux modes de fonctionnement cognitifs tels que la mémoire, les capacités de déduction, de raisonnement. L'analyse des indices composant le QI global permet d'affiner son analyse. Les résultats s'échelonnent de 0 à 150 et se répartissent selon une distribution correspondant à une courbe de Gauss, la note de 100 étant considérée comme la moyenne.

Au-dessus de 130, on considère que l'on possède un haut potentiel ou surdon intellectuel. (Voir la courbe)

Courbe de Gauss. Réf : Pascal OLIVIER Psychologue à Clermont Ferrand.

Historiquement, « Les premiers tests d'intelligence standardisés ont été créés par deux psychologues français, Binet et Simon, en 1905, à la demande de l’Éducation Nationale qui souhaitait pouvoir évaluer... le retard mental ! Puis, un autre psychologue, Daniel Wechsler, américain cette fois, qui travaille dans un hôpital psychiatrique d'adultes, adapte ce test pour les adultes en 1939. La première échelle d'intelligence de Wechsler était née et se déclinera par la suite en version enfant. D'autres tests d'intelligence existent et sont utilisés dans la sphère de l'entreprise ; ils mesurent différents paramètres selon le secteur (par exemple mémoire, autres compétences), mais ne font pas référence comme tests validés de l'intelligence ».


L’Intelligence.

Larousse : nom féminin

(latin intelligentia, de intelligere, connaître)

  • Ensemble des fonctions mentales ayant pour objet la connaissance conceptuelle et rationnelle
  • Aptitude d'un être humain à s'adapter à une situation, à choisir des moyens d'action en fonction des circonstances.
  • Personne considérée dans ses aptitudes intellectuelles, en tant qu'être pensant.
  •  Qualité de quelqu'un qui manifeste dans un domaine donné un souci de comprendre, de réfléchir, de connaître et qui adapte facilement son comportement à ces finalités.
  •  Capacité de saisir une chose par la pensée.


Pour D. Wechsler, l’intelligence est une qualité d’ensemble. Elle résulte de l’organisation des aptitudes dont elle n’est cependant pas la simple somme. Wechsler (1944) est très clair à ce sujet, lorsqu’il affirme « Le produit final du comportement intelligent, n’est pas seulement fonction du nombre des aptitudes ou de leur qualité, mais également de la façon selon laquelle elles sont combinées ; c’est à dire de leur configuration » Grégoire, J. (2000).

 

Origine du "Don" 

Deux théories différentes, mais conciliables, sont mises en avant pour expliquer ce principe :

Première théorie : c’est en se réfugiant dans des activités intellectuelles, ou artistiques, qu’un HPI « se développe de façon compensatoire » 

La deuxième théorie est qu’il existerait « une prédisposition génétique, aménagée par l’hérédité ou due à une mutation » 


Le développement de l’individu dépend des relations établies dès sa naissance avec les personnes de son entourage. De ce fait, un enfant stimulé, épanoui et entouré de personnes qui l’aiment, pourra développer ses capacités d’une manière plus importante.

« On peut tirer comme conclusion de l’ensemble des études des chercheurs que si une bonne hérédité est nécessaire, de bonnes conditions du milieu dans un sens large, des qualités de personnalité sont indispensables au développement et à la réalisation des facultés supérieures. » Ajuriaguerra de, J. (1971)

En réalité, il ne fait aucun doute que la biologie joue un rôle majeur dans le développement des talents, les HPI ne cessent pas d’être doués lorsqu’ ils travaillent beaucoup. Il serait plus juste de dire que c’est le potentiel élevé qu’ils ont eu à la naissance qui les entraîne à travailler plus fortement. Leur motivation et même leur entraînement intensif sont le résultat de leur talent, et non sa cause.


 

  • Comment le surdoué est-il le plus souvent vu par « Monsieur et Madame Tout le monde » ?

 

Le terme « surdoué » est un néologisme employé pour la première fois en 1946 à Genève par le docteur Julian de Ajuriaguerra pour désigner une catégorie d'enfant qu'il caractérise ainsi : « On appelle enfant surdoué celui qui possède des aptitudes supérieures qui dépassent nettement la moyenne des capacités des enfants de son âge. » Wikipédia.


Surdoué est à la fois un terme très flatteur, qui nous renvoie à nos icônes de grands découvreurs, d'émerveillement devant certains prodiges, et souvent à connotations négatives ; pour ne citer que la plus courante et la plus neutre : « intello ». Si les capacités des surdoués sont admirées et très recherchées, comme en entreprise, la capacité extrême de synthèse et d'analyse de son environnement, la créativité, ces mêmes capacités ou leurs corollaires peuvent être aussi dans le même temps critiqué. Ainsi, ils s'entendent dire parfois : « tu vas trop vite dans ce projet » « cette idée est vraiment trop novatrice, elle ne sera pas acceptée ». Ces compétences sont décriées, car elles font parfois de l'ombre aux autres, ou effectivement car elles produisent des résultats inadaptés, ou trop en décalage avec les attentes ; dans ces cas, ce qui vient à l'esprit, ce sont des remarques comme « son dispositif est tellement complexe que c'est une usine à gaz », «il est dans son monde mais ne sait pas communiquer avec son équipe », « son travail est très précieux, mais c'est un handicapé relationnel ». Le personnage du Dr House dans la série américaine peut nous y faire penser. Le plus souvent, c'est l'image de la personne certes au QI très élevé, mais inadaptée à son environnement qui prévaut.

« Être surdoué, c’est d’abord et avant tout, une façon d’être intelligent, un mode de fonctionnement intellectuel différent, une activation des ressources cognitives dont les bases cérébrales diffèrent et dont l’organisation montre des singularités inattendues. Il ne s’agit pas d’être quantitativement plus intelligent mais de disposer d’une intelligence qualitativement différente. Ce n’est vraiment pas la même chose ! Être surdoué associe un très haut niveau de ressources intellectuelles, une intelligence hors normes, d’immenses capacités de compréhension, d’analyse, de mémorisation et une sensibilité, une émotivité, une réceptivité affective, une perception des cinq sens, une clairvoyance dont l’ampleur et l’intensité envahissent le champ de la pensée ». Jeanne Siaud-Facchin dans « Trop intelligent pour être heureux ? ».

Sur la base des caractéristiques décrites ci- dessus, j’appuierai l’hypothèse que les fondamentaux et les outils du coaching s’adaptent précisément aux personnes HPI.

Ainsi, la psychologue Jeanne Siaud- Facchin les appelle des « Zèbres », car comme ces derniers, ils sont « difficilement apprivoisables, se fondent dans le décor tout en s'en distinguant par des caractéristiques propres (ses rayures) ». D'autre part, si le fait d'être surdoué n'est pas une pathologie en soi, cela implique parfois des souffrances. Quand des médecins ont à accompagner des surdoués qui consultent, il s'agit de ceux qui vont mal et ce, à des degrés divers. Ceux qui vont bien sont moins étudiés par les psychologues et médecins. Sans rentrer aucunement dans des considérations médicales ni un catalogue par ordre de gravité, les terminologies tournent alors autour de, notamment, dyssynchronie, dyslexie, psychopathologie, dépression, anxiété, souffrance. Certaines études empiriques cherchent à vérifier la corrélation entre le fait d'être surdoué, les passés familiaux ainsi que certaines pathologies ou psychopathologies. Mais il n'existe pas de certitudes à ce propos. Certains spécialistes, français notamment, avancent que le risque de psychopathologie et avant toutes choses, le risque de non épanouissement, diminuent à partir du moment où l'on identifie la précocité. Ainsi, le tableau du surdoué ferait pencher ses caractéristiques plus souvent du côté du fardeau voire du handicap, plutôt que du cadeau ? Mais être surdoué, n'est-ce pas un don ?

Dans le cadre du coaching et parce que je ne suis pas soignante ni thérapeute, je mettrai des limites à mon accompagnement dans une démarche déontologique et éthique et m’appuierai sur le côté « cadeau » des caractéristiques du HPI.


Les adultes surdoués arrivent à des conclusions de manière différente des autres et donnent des réponses inattendues, originales, qui peuvent étonner. Aux yeux des autres, ils ont trop de pensées, réfléchissent trop vite. Ils ont des intérêts multiples, du mal à se raisonner et semblent vivre en état maniaque.

Sauf qu’une personne en état maniaque ne contrôle plus ses idées. L’adulte surdoué, lui, peut revenir sur ses pensées, les critiquer, voire les abandonner. Il maîtrise ce foisonnement d’activité cérébrale. Sa capacité à percevoir et à arriver à des conclusions rapides va parfois aussi lui donner des intuitions, qui, là encore, peuvent être mal reçues. L’entourage va souvent y voir quelque chose d’un peu surnaturel, le fruit d’une pathologie, plus que d’une excellente activité du cerveau.

L'intensité dérange. Nous avons l’habitude de fonctionner dans une certaine norme, qui nous rassure. Quand quelqu'un sort des grilles établies, il nous apparaît comme anormal.

 « Hyper » efficace et décalé, poussé par une urgence à accomplir, une pression, qu’il ne comprend pas tout à fait, l’adulte surdoué craint d’ailleurs souvent de devenir fou, d’être pris pour fou, ce qui peut faire penser à une pathologie psychiatrique.


 

4. Les caractéristiques du Surdoué : que ressent et comment fonctionne - t- il en général ?

Les trois caractéristiques des surdoués sont synthétisées comme ceci par la psychologue américaine Jacobsen, elle-même surdouée : 1. une intensité, 2. une complexité qualitativement différente, et 3. une énergie et motivation supérieures à la moyenne. Cf : « Eveiller un géant endormi » texte paru dans la Roeper Review en 1999. Ce qu'elle entend par « drive », c'est tout à la fois énergie, curiosité insatiable, hauts standards d'exigences pour soi-même, persévérance, indépendance, propres critères de motivation.

Ces caractéristiques sont sous-tendues par une sensitivité hors norme et un besoin vital de perfection. Ces caractéristiques, qui sont la base de l'excellence, sont aussi celles qui sont parfois critiquées ou mal vécues par la personne, quand elles sont envahissantes, : « Quand trop, c'est trop » !

Monique de Kermadec dresse une liste de caractéristiques du surdoué, dont elle résume cinq traits de caractère récurrents, qui convergent avec ceux cités plus haut : « la divergence dans les points de vue, l'excitabilité, la sensibilité, la clairvoyance et le perfectionnisme ». Ces caractéristiques sont plus ou moins exacerbées selon les personnes, et surtout, c'est là que se cristallisent les conflits intérieurs, et ceux avec l'entourage. Quels en sont leurs côtés positifs et négatifs ?

Ainsi, la divergence illustre que le Surdoué a un mode de raisonnement différent ; où certains vont progresser pas à pas, lui aura une vue d'ensemble d'une question. On peut y associer aussi l'originalité, le fait de surprendre. Les aspects très positifs de cette caractéristique font que le Surdoué a accès à des possibilités de créativité plus grandes, visualise des solutions, des options, des voies de progrès. Les avantages dans les domaines artistiques, créatifs, de développement stratégique, de négociation, de résolution de conflits sont indéniables. Mais parfois, cette différence n'est pas la bienvenue ; les interventions du Surdoué, même si elles ne sont pas faites pour provoquer, peuvent être ressenties comme dérangeantes ou ridicules ou anticonformistes selon le contexte et le moment choisis. Le risque pour la personne est la mise à l'écart par le groupe, voire par lui -même.

L'excitabilité correspond à une énergie débordante, une réactivité aux stimuli extérieurs très importante, et des capacités émotionnelles et de perception de son environnement hors normes. Ceci permet au Surdoué d'entreprendre beaucoup, de défricher des territoires, de se fier à ses émotions ou à son instinct pour réussir, prendre des risques qu'il a calculé. Malgré cet apparent papillonnage, le surdoué est capable d'une intense concentration. Mais ceci peut être confondu avec l'hyperactivité et épuiser ou énerver l'entourage, notamment si la personne ne finit jamais ce qu'elle commence. Pour le Surdoué qui n'arrive pas à réguler ces flux d'activités et de stimulations qu'il recherche pour ne pas s'ennuyer, cela peut être synonyme d'épuisement pour lui-même.

La sensibilité correspond à une capacité à ressentir profondément et précisément les composantes de l'environnement, par exemple des odeurs, des luminosités, mais aussi des états des personnes de l'entourage ; et ce, assorti à une capacité d'empathie très développée. La psychologue clinicienne Deirdre V. Lovecky a d'ailleurs écrit un article au titre très illustratif de ces capacités que l'on peut traduire littéralement par « Pouvez-vous entendre les fleurs chanter ? » Cette caractéristique incite ces personnes à nouer des relations intenses avec les autres, à s'engager, s'impliquer pour aider ; ils ont souvent un sens de l'honnêteté et de la loyauté très développés. Ils ont parfois du mal à comprendre que tout le monde ne s'engage pas de la même façon qu'eux, voire à devenir parfois intolérants. Si leur empathie est trop forte ou qu'ils ne la régulent pas, ils peuvent se sentir vulnérables ou envahis par les sentiments des autres, puis s’isoler, au risque de se couper d’eux.

La clairvoyance est la capacité à accéder, voir, comprendre plusieurs aspects d'une situation en même temps, ou plusieurs facettes d'une personne. Ces personnes relient des faits paraissant décorrélés, osant au passage des liens avec des sphères qui paraissent éloignées à tout un chacun. Elles prennent des décisions que les autres ne comprennent pas toujours. Ces personnes ont la capacité de « lire entre les lignes », de comprendre certains sous-entendus, d'accéder aux motivations de leur entourage, de décoder mieux que d'autre les incongruences entre le langage verbal et non verbal. Même si elles perçoivent ces ambivalences, elles peuvent les dérouter, elles ne savent plus quoi penser de la personne ou de la situation. Cette capacité peut aussi faire peur aux autres, les interlocuteurs peuvent se sentir vulnérables, voire menacés par ces yeux perçants.

Le perfectionnisme est en fait la résultante de la caractéristique primaire d'entéléchie :

Aristote la décrit comme l'accomplissement suprême d'une chose, totalement réalisée dans son essence. C'est la propension à atteindre la perfection, une motivation particulière, une vitalité personnelle qui met en mouvement pour atteindre ses propres buts, l'actualisation de ses potentiels. Souvent, ce moteur qu'est le Surdoué anime aussi les autres, les incite à se dépasser aussi, à se réaliser, surmonter des obstacles. Ceci n'a pas encore à voir avec la notion connotée parfois péjorativement de perfectionnisme. Cette propension à atteindre la perfection devient négative quand le Surdoué n'est jamais satisfait, ni de lui- même, ni des autres. Cet enthousiasme, cette énergie communicative, ces moments privilégies et intenses avec les autres ont aussi parfois leur revers. Ainsi, quand le Surdoué dépense trop d'énergie vitale pour les autres, ou ne trouve pas de réciprocité dans des relations parfois à sens unique, il peut se replier sur lui-même, et ne plus répondre aux sollicitations.

Emotions, sensibilité, empathie, rapidité, pensées divergentes, créativité, intelligence, talent, intensité, énergie, motivation, curiosité, potentiel autant de mots que l’on retrouve à la fois dans les caractéristiques des HPI et dans le vocabulaire du coach. On peut d’ores et déjà deviner des liens qui uniront ces deux paradigmes.